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Du rouge au vert : quand Trump retourne les marchés en un message
information fournie par Zonebourse 23/03/2026 à 17:57

Début de semaine mouvementé pour les investisseurs ! Jusqu'à mi-séance, les principales bourses européennes étaient nettement en rouge, plombées par l'ascension des cours de l'or noir et l'enlisement du conflit au Moyen-Orient. Puis Donald Trump a dégainé son clavier pour taper une centaine de mots en majuscules qui ont eu pour effet immédiat d'inverser la tendance. Au gong final, Francfort gagne 0,96%, à 22 595 points, devant Paris ( 0,79% à 7 726 points). En revanche, après une incursion en territoire positif, Londres termine sur un timide repli de 0,24% (9 894 points).

Les dernières nouvelles en provenance du Moyen-Orient ne présageaient pourtant rien de bon. Donald Trump avait lancé ce week-end un virulent ultimatum à l'Iran, lui laissant 48h pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Faute de quoi, les Etats-Unis bombarderaient les infrastructures énergétiques du pays. Pas impressionné pour un sou, Téhéran promettait en retour de cibler les usines de dessalement de ses voisins du Golfe... Aucune accalmie ne se profilait donc à l'horizon.

Et puis, dans un retournement spectaculaire dont il a le secret, le locataire de la Maison Blanche a annoncé que les Etats-Unis et l'Iran avaient eu "des discussions très positives et constructives" en vue d'une résolution complète et définitive des hostilités.

"Compte tenu du climat et du ton de ces échanges approfondis, détaillés et constructifs, qui se poursuivront tout au long de la semaine, j'ai donné instruction au département de la Guerre de reporter, pour une période de cinq jours, toute frappe militaire visant des centrales électriques et des infrastructures énergétiques iraniennes, sous réserve du succès des réunions et discussions en cours", assurait le milliardaire, bientôt octogénaire.

Il n'en fallait pas plus pour assister à un brutal retournement des cours. Ce soir, le Brent et le WTI reculent de 7 à 8%. Le VIX se détend également de 2%, témoignant d'un recul du stress sur les marchés.

Le marché se retourne

Le secteur aérien a aussitôt bondit de joie : Air France, qui reculait de 6% dans la matinée, conclut la séance sur un gain de 3,9%. Même dynamique pour Airbus avec un gain de 3,4% après un recul de 1,3% le matin. L'avionneur a par ailleurs annoncé un accord définitif avec Cobham Ultra, filiale d'Advent, pour l'acquisition d'Ultra Cyber Ltd, transaction dont la finalisation est soumise aux approbations réglementaires habituelles et est prévue pour la seconde moitié de 2026.

L'indice parisien a aussi été soutenu par Kering et Société Générale ( 4,7%) ou Saint-Gobain ( 4%).

A Francfort, le DAX a été tiré par Brenntag ( 5,9%), Siemens Energy ( 5,4%) et Commerzbank ( 4,2%).

Si les marchés semblent rassurés par l'annonce de Trump, il faut garder en tête que le président américain a habitué les marchés à ses déclarations intempestives et outrancières, développant un rapport assez... personnel avec la réalité des faits.

La prudence reste de mise chez les analystes

D'ailleurs, les agences de presse iraniennes Fars et Tasnim ont rapidement démenti les affirmations de Donald Trump, assurant qu'il n'y avait "pas de communication directe avec les États-Unis, ni de communication via des intermédiaires".
Donald Trump a pourtant enfoncé le clou quelques instants plus tard sur Fox Business, affirmant "qu'un accord avec l'Iran pourrait intervenir d'ici cinq jours, voire plus tôt" et que "les discussions avec l'Iran ont eu lieu la nuit dernière", impliquant notamment Witkoff et Kushner.

"Même s'il s'agit d'une inflexion très claire dans la tonalité des déclarations du président américain, il n'est pas certain qu'elles constituent le point de départ d'un nouveau rallye sur les marchés actions. Pour alimenter ce scénario, il faudrait que les déclarations de l'Iran, mais également d'Israël, abondent dans ce sens, or ce n'est pas encore le cas", ajoute Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.

Chez AlphaValue, on relève la probabilité d'un règlement négocié à 25%, contre 10% auparavant. "Notre scénario de base prévoit une impasse prolongée autour d'un prix du baril compris entre 105 USD et 125 USD (la probabilité passe de 50% à 35%). Le message essentiel demeure : les négociations sont bien réelles, mais les dégâts sont irréversibles", indique Frédéric Lorec, spécialiste des hydrocarbures chez le courtier parisien.

Selon lui, même un cessez-le-feu demain ne permettra pas de retrouver le niveau d'approvisionnement d'avant la crise avant fin 2026 au plus tôt. "La prime énergétique est structurelle et le prix pourrait se maintenir au-dessus de 100 USD le baril pendant un certain temps", souligne-t-il.

Avant l'annonce de Donald Trump, Goldman Sachs avait indiqué revoir à la baisse ses perspectives de croissance en zone euro, sur fond de choc énergétique prolongé lié aux tensions au Moyen-Orient.

La banque tablait sur une croissance de 0,7% en rythme annuel, soit un impact cumulé de 0,7% du PIB par rapport aux projections d'avant-crise. Goldman Sachs anticipe deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE) de 25 points de base en avril et juin.

Chez Pictet AM, Christopher Dembik rappelle que, tant que la guerre perdure, les actions américaines devraient mieux résister que les européennes.
"Pour une fois, cela s'explique pour des raisons macroéconomiques. En tant qu'exportateur net de pétrole et de gaz, les États-Unis ont seulement besoin de gérer la hausse des prix à la pompe alors que l'Europe fait face au double problème de la hausse des prix et de la pénurie d'énergie".

Des statistiques reléguées au second plan

Sur le front des statistiques, en zone euro, l'indice mesurant la confiance des consommateurs est ressorti à -16,3 en mars. Il est en dessous des anticipations des économistes (-15). Il était ressorti à -12,3 en février.

Outre-Atlantique, les dépenses de construction ont reculé de 0,3% en janvier aux États-Unis, alors qu'elles étaient attendues en hausse de 0,1% après 0,8% en décembre.

Dans le reste de l'actualité, l'euro gagne 0,25% face au billet vert et le Bitcoin gagne 3%, autour des 71 500 USD.

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